La Voie du Guerrier

05 mai 2012

Publier, oui, mais encore ?

Dans l'un de mes précédents billets, j'avais dit que je parlerais davantage des différents types d'édition. Non que je sois un expert en la matière mais j'en sais suffisamment que pour pouvoir en toucher deux mots sans crainte de raconter des couillonnades. C'est parti !

L'édition à compte d'éditeur

Le Saint Graal de la quasi totalité des auteurs en herbe. Si votre tapuscrit est accepté, après une période d'attente anxieuse souvent assez longue, vous accédez à la forme d'édition unanimement reconnue. L'éditeur qui choisit de miser sur votre travail s'occupe de tout : mise en page, choix d'illustration de couverture, impression, promotion... sans que cela ne vous coûte un sou !

Mon avis : Le meilleur choix possible, malgré la difficulté certaine de se voir proposer un tel contrat. Votre travail est reconnu par des professionnels qui font également évoluer votre statut. Vous ne faites plus partie de ces légions d'amateurs qui rêvent d'écrire ou de publier, vous devenez vous-même un professionnel. Évidemment, il vous reste à apprendre, il vous restera toujours à apprendre, mais c'est un autre sujet.

L'autoédition

Comme le mot l'indique, il s'agit de s'éditer soi-même en ayant généralement recours aux services d'un imprimeur. Ici, vous êtes seul et vous devez vous occuper de tout de A à Z. Pratique pour les obsédés du contrôle, les écrivains du dimanche (type qui veut écrire sa biographie et la léguer ensuite à sa descendance, bonjour le melon), ceux qui estiment que les éditeurs traditionnels ne comprennent rien à leur génie... ou ceux qui pensent retirer davantage les fruits de leur travail en faisant cavalier seul.

Mon avis : Étant assez tranché sur la question, je sais que je ne pourrai jamais faire ce choix par défaut si d'aventure mon travail était refusé partout, j'ai trop besoin de reconnaissance. Bien sûr, il pourrait y avoir la reconnaissance des lecteurs, je devrais pouvoir m'en contenter, me dira-t-on. Mais non. Quand on se bat bec et ongles pour parvenir à la publication, l'avis d'un lecteur fait toujours plaisir mais on ne peut pas s'empêcher de se dire que ça reste l'avis de quelqu'un de lambda, pas d'une personne dont le métier est de savoir si une histoire est bonne ou pas. Du moins, c'est comme ça que je le vois actuellement, moi, simple amateur. Probablement que le lecteur prendra une plus grande importance quand j'aurai enfin atteint mon but et me serai libéré d'une bonne partie du fardeau. Mais je divague.
L'autoédition peut donc être une solution mais encore faut-il savoir ce que l'on veut.

L'édition à compte d'auteur

Aussi appelée édition participative, il s'agit pour l'auteur, dont le texte est accepté, de participer financièrement à l'élaboration du produit fini, le livre. Les conditions varient d'un éditeur à l'autre, on vous offrira les services d'un correcteur mais vous devrez payer pour la mise en page, par exemple.

Mon avis : Ah ah ah. Disons-le clairement, le compte d'auteur est une escroquerie pure et simple. À partir du moment où un "éditeur" vous demande de payer quoi que ce soit, passez votre chemin, il n'est pas honnête. Comme je l'ai dit plus haut, une véritable maison d'édition prend tout en charge, c'est bien pourquoi il est si difficile de se faire publier, miser sur un nouvel auteur pouvant souvent s'avérer délicat, financièrement parlant, pour l'éditeur. Si vous voulez absolument tenir votre bouquin en mains, un de ces jours (copain/copine !), travaillez plus dur, recommencez, changez, acharnez-vous. Ou optez pour l'autoédition, fonction de vos ambitions. En plus, ça vous reviendra beaucoup, beaucoup moins cher que les tarifs de malades mentaux que proposent généralement ces gros arnaqueurs du compte d'auteur !

Voilà, j'espère avoir été clair et utile. On ne répétera jamais assez ces trois différences essentielles mais souvent méconnues. Maintenant, choisissez votre destin !

Posté par Tom B à 12:20 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
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14 février 2012

Parfois, il suffit d'un geste

Je devais avoir cinq ou six ans quand je déambulais dans la maison en racontant des histoires à l'enregistreur portable de mon grand-père. Des histoires à propos de géants, de dragons, de chevaliers aussi. C'était là non seulement un signe de mon attirance naissante pour l'Imaginaire mais, également, de mon intérêt pour la création de récits. Avec le temps, je suis passé du vocal à l'écrit, à la plume d'abord, au clavier ensuite. Rapidement, j'ai compris que cette passion était ancrée en moi et, sans peur ni gêne, j'ai décrété qu'elle deviendrait mon métier. Évidemment, à l'époque de ma fougueuse et naïve jeunesse (une époque où j'envoyais mes manuscrits à éditeur en croyant vraiment avoir une chance), j'ignorais totalement que la plupart des écrivains ne peuvent espérer vivre de leur plume. Eh oui, dans tout le long processus qui mène à la naissance d'un roman, c'est l'auteur, la source, celui qui fournit 90 % du travail, qui en récolte le moins les fruits. Quelque chose comme 0,50 € par exemplaire vendu.
Aujourd'hui que je le sais, je n'ai pas changé d'avis, juste pris du recul, un amer recul. Je dois remuer ciel et terre, me plier et me distordre pour entrer dans le moule d'un travail qui n'a pas été conçu pour moi. Tout ce que j'en retire, c'est le sentiment d'un beau gâchis. Mais je ne me plains pas, il y a pire situation et puis c'est la vie, c'est comme ça.
Il m'est souvent arrivé de me demander pourquoi c'était comme ça sans jamais vraiment trouver de réponse sans appel. On reste chez soi ? Un télé-vendeur peut en faire autant. Écrire c'est un loisir ? Oui, on peut le voir comme un loisir, tout comme un type peut voir le foot sous cet angle. Mais s'il le désire, s'il est doué, il peut en faire son métier (et recevoir tout le soutien nécessaire), il peut en vivre (et en vivre de manière indécente pour certains, mais là n'est pas le sujet).
La plupart des gens aiment lire et la plupart achètent des livres, c'est un fait. Les livres font rire, frissonner, pleurer. Ils émeuvent, ils font réfléchir. Les lecteurs les aiment et acheter un livre, c'est un peu comme accorder sa confiance à son auteur, voire le remercier. Pour celui qui manie la plume, il n'y a pas plus belle récompense qu'un lecteur conquis, pris par l'histoire, attaché aux personnages. Tout ce qu'il souhaite, c'est pouvoir continuer, se consacrer pleinement à offrir d'autres univers, d'autres rencontres imaginaires et inoubliables.
La réalité de la vie ne le lui permet pas. C'est comme ça.
C'est comme ça, oui, mais j'ai envie de croire que ça peut changer. En Belgique, il existe un statut, le statut "artiste", qui est accordé à une certaine catégorie de gens (tout ce qui est métier de l'audiovisuel) afin que, lorsqu'ils ne travaillent pas, ils puissent bénéficier d'une allocation de l’État tout à fait généreuse. L'écrivain, lui, est effectivement un artiste mais ne bénéficie pas de ce statut, il peut donc continuer de toucher ses misérables droits d'auteur une fois par an et manger des radis tous les jours, et encore.
Si, comme moi, vous pensez que c'est injuste, je ne vous demanderais pas de tuer votre voisin éclairagiste ni de sortir votre pancarte pour aller manifester. Je ne vous demanderais pas non plus de m'envoyer des sous (sauf si vous insistez), non, tout ce que je vous demanderais, ce sera de signer la pétition créée il y a peu. Une pétition qui sera jointe à un courrier et transmise aux têtes pensantes de notre beau pays.
Quelles chances avons-nous d'être entendus ? Je n'en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais, c'est que j'ai envie de tenter le coup, pour ne plus me demander "et si ?", pour voir si on peut envoyer son pied au derrière de certains "c'est comme ça" et les faire bouger de là.


La pétition en question


Merci à vous.

Posté par Tom B à 15:10 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
28 janvier 2012

La Geste du Sixième Royaume

En tant que jeune auteur, j'ai davantage tendance à analyser le travail d'un confrère qui en est, peu ou prou, au même stade que moi, que celui de "vieux" professionnels tant et tant reconnus. C'est ainsi que je me suis lancé dans la lecture de la Geste du Sixième Royaume, premier roman d'Adrien Tomas. Un titre qui sonne on ne peut plus fantasy et qui pourrait faire craindre le pire quant à son contenu. J'entends par là, user de tous les clichés et situations cent fois exploités dans cette littérature, ce que la couverture ne tend pas vraiment à démentir. Mais paradoxalement, c'est ladite couverture, ma foi fort jolie, qui a d'abord attiré mon attention. Cela, le fait qu'il s'agissait d'un premier roman raconté à travers les yeux de plusieurs personnages et qui contait, a priori, le destin d'un royaume. Ces deux derniers points se montraient particulièrement intéressants puisque mon propre roman utilise la même base, j'étais donc curieux de voir comment l'ami Adrien (si tu passes par là, je peux t'appeler Adrien ? Entre geeks, point de manières, non ?) allait tourner le bazar.
En deux mots, la Geste nous narre l'histoire du fameux sixième royaume, une vaste forêt qui s'étend au centre du continent et qui est célèbre pour soi-disant abriter toutes les créatures de rêves et de légendes : lutins, elfes, sylphides... Vérité ou chimères ? Peu importe au barde Llir, au marchand Corius ou encore au voleur Moineau. Alors pourquoi se sentent-ils soudainement attirés par les lieux, à la fois mystérieux et dangereux ?
Dès les premiers chapitres, on constate que l'auteur n'a pas absolument voulu se détacher de la fantasy traditionnelle mais plutôt d'y introduire sa propre façon de voir les choses ; une façon à la fois de rendre hommage et de s'approprier, vision que je partage tout à fait. Malheureusement, dans cette volonté, Adrien Tomas n'est pas parvenu à passer à côté de certains archétypes connus dans le genre : le jeune voleur, la princesse guerrière, le nain bougon mais débonnaire... Quelques rares scènes en souffrent également et certains événements, prévus pour être des surprises, sont devinés trop rapidement.
Le tableau n'est pas tout noir pour autant, loin de là. Si l'on passe outre ces petits inconvénients, on constate que les originalités propres à l'auteur sont assez nombreuses que pour rendre son histoire agréable, racontée d'une plume simple et sans fioritures. Les personnages sont nombreux mais suffisamment caractérisés afin qu'on s'y retrouve assez rapidement. J'ai apprécié les liens qui se dévoilent petit à petit, que ce soit entre certains protagonistes ou entre divers autres éléments. Quant à l'univers, plutôt classique, il aurait pu être plus dense mais ne se montre toutefois pas simpliste. En fin de compte, Adrien Tomas prouve qu'il a plus d'un tour dans son sac et parvient quand même à surprendre en évitant assez bien le manichéisme, ce qui est plus qu'appréciable. Personne n'est épargné, la violence n'est pas édulcorée (ce qui sert à souligner un aspect central du roman, selon moi) et les dernières pages s'avèrent particulièrement intenses.
La Geste du Sixième Royaume est un bon premier roman auquel on ne peut pas repprocher grand chose. Personnellement, outre les points déjà cités, je ne suis jamais vraiment parvenu à m'attacher profondément aux personnages. Peut-être était-ce dû à leur multitude, qui empêchait de s'attarder durablement sur chacun, ou à l'impression d'avoir déjà rencontré la plupart sous d'autres traits et d'autres noms dans d'autres histoires. C'est un peu dommage mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier le récit. Je ne regrette donc pas mon argent et je salue le travail abattu par l'auteur pour avoir pondu un tel pavé ! Un auteur sur lequel, d'ailleurs, je garderai un oeil.

livre-la-geste-du-sixieme-royaume

 

 

 

 

 

 

Titre : La Geste du Sixième Royaume
Auteur : Adrien Tomas
Sortie : Déjà dispo !
Éditeur : Mnémos
Pages : 511
Prix : 24 euros

Posté par Tom B à 15:56 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
02 décembre 2011

Je suis au regret de vous informer...

Si vous avez l'habitude de participer à des appels à textes et que vous êtes comme moi, vous devez certainement avoir l'habitude de recevoir des refus. C'est le schéma habituel, vous écrivez votre texte en vous efforçant de coller au thème, vous le finissez dans les temps (ou à la bourre, le plus souvent en ce qui me concerne) et vous l'envoyez en priant. Ensuite c'est l'attente, l'attente, l'attente. Parfois vous n'y pensez plus et parfois, quand la date butoir des délibérations approche, vous allez sur le site/forum/page facebook de l'émetteur et vous actualisez sans arrêt en même temps que vous vérifiez votre boîte mail cent fois par jour. Et si l'emetteur a le malheur de poster un commentaire sur l'avancement des sélections, vous prenez un coup de stress et vous relisez vingt-cinq fois la phrase en la décortiquant dans tous les sens, essayant d'y lire une info cachée, mais rien.
Les jours passent, vous actualisez, vous actualisez, vous jurez "mais qu'est-ce qu'il fout ce con ?", vous actualisez. Il faut bien se faire une raison et prendre son mal en patience. Le stress, lui, continue de monter à mesure que les gens disent avoir reçu leur réponse et que c'est non. Mais où est la vôtre ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Que vous êtes pris ? Vous tournez et vous retournez ces questions dans votre cerveau jusqu'à ce qu'il commence à bouillir et que de la fumée vous sorte des oreilles.
Et puis voilà qu'arrive le jour fatidique, comme ça, sans prévenir, la réponse tombe dans votre boîte mail ; autant dire que là, votre coeur se met à battre deux fois plus vite. Fébrilement, vous cliquez et... "votre texte n'a pas été retenu" en substance. Bien sûr, ça peut varier. Que faire alors dans ces cas-là ? Je pense que s'effondrer est une réaction bien naturelle. Quand on commence à avoir un peu l'habitude, on en devient blasé, on peut se dire "ok" et fermer sa boîte. Ensuite ? On pourrait être tenté de laisser tomber cette "plus que passion" de merde, celle qui vous colle à la peau depuis toujours et faire semblant qu'elle ne nous manquera pas.
Ou on peut se relever et se remettre à l'ouvrage après avoir soufflé un bon coup. C'est dur, mais notre aveuglement zélé en notre compétence reprendra le dessus.
En étant aussi connement borné, on devrait bien finir par y arriver, non ? En tout cas, j'ai envie de le croire.

Posté par Tom B à 15:01 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
18 novembre 2011

Que faut-il pour écrire un roman et ambitionner de le publier ?

J'ai souvent lu ou entendu parler de gens qui craignaient de se lancer dans la rédaction d'un roman, quand bien même l'envie les titillait depuis longtemps. À cela je demande : Pourquoi ? Peur des critiques ? Manque de temps ? Pas d'idée ? Peur de l'échec ? Voyons un peu tout ça :


Peur des critiques

Bah pourquoi ? Je veux dire, si vous êtes un humain depuis un certain temps, vous devriez être habitué au fait que qui que vous soyez et quoi que vous fassiez, y'aura toujours quelqu'un pour critiquer, c'est un fait. Donc puisque vous le savez, pourquoi perdre votre temps avec ça, je vous le demande ! Appliquez juste mon proverbe préféré : les chiens aboient, la caravane passe, le justicier du bon goût se lassera plus vite que votre envie d'écrire. Attention toutefois, toutes les critiques ne sont pas bonnes à jeter, donc ne jouez pas les autistes au moindre commentaire. C'est aussi grâce à un avis développé et qui ne cherche pas avant tout à vous blesser que vous pourriez vous améliorer. Mettez donc votre ego dans votre poche quand c'est nécessaire.


Manque de temps


Là ça va être simple, si vous envisagez de vous lancer dans une carrière de romancier mais que vous n'en trouvez pas le temps, envisagez donc autre chose. On ne peut espérer devenir un bon romancier si l'on n'écrit qu'une fois par mois (génies mis à part).


Pas d'idées


Si c'est parce que vous avez l'impression que tout a déjà été dit sur tout, ce n'est pas forcément faux. Toutefois, là où vous pouvez vous démarquer, c'est en traitant un sujet ou des thèmes à votre sauce, sans craindre de briser quelques clichés et autres "normes" (en écriture, y'a pas de normes, même si on en a parfois l'impression). Si c'est parce que rien ne vous vient, tout simplement, je vous conseille, comme je l'ai déjà dit, de simplement ouvrir les yeux. Regardez autour de vous, lisez davantage, regardez des films, les idées peuvent venir de n'importe où, même d'un truc tout à fait insignifiant, laissez courir votre esprit.


Peur de l'échec


Personne ne peut prévoir que le texte qu'il est en train ou qu'il va écrire sera une réussite, ce serait trop facile. Que faire si les éditeurs vous disent non ? Eh bien soit vous y croyez vraiment et vous retravaillez ça en créant une nouvelle version, soit vous passez au projet suivant. Si vous en êtes là, c'est que vous aimez vraiment écrire et que vous l'avez prouvé en terminant un roman, ce qui n'est pas une mince affaire. Ce serait un peu con d'abandonner alors que c'est votre truc, non ? Prenez donc un peu de temps pour digérer, aérez-vous, faites autre chose, vous verrez que si l'écriture vous motive vraiment, si vous voulez vraiment devenir romancier, la déception sera vite oubliée et vous remonterez au front.


Ceci étant dit, je vais maintenant vous parler de ce qui est, selon moi tout du moins, indispensable lorsque l'on souhaite devenir Romancier et publier à compte d'éditeur*. (J'insiste sur le mot parce que c'est quand même votre priorité, mais, bien sûr, à côté vous voulez peut-être aussi écrire des nouvelles, des poèmes etc. La majuscule ici sert à souligner le fait que vous voulez écrire des bouquins pour les faire publier. Écrire juste pour soi ou ses amis est une démarche que mon côté diplomatique admet mais que mon côté salopiot considère comme une ineptie, bref). Les points suivant partent du postulat que vous êtes déjà au courant pour les trucs évidents, comme le fait de posséder un cerveau, des mains ou des idées.


Le talent


Autant commencer par le point qui fâche. Je suis convaincu qu'on ne peut rien publier si on n'a pas de talent (en dehors des exceptions de type coucher, avoir des amis, un nègre...). Pas d'inquiétude démesurée toutefois, même si c'est un beau mot tout brillant, je ne veux pas dire par là que vous devez être, de base, un auteur génial qui s'ignore, non. Le talent, c'est, pour moi, le petit quelque chose, l'étincelle instinctive qui vous conduira à agencer vos phrases de telle manière, mener un dialogue comme ci et pas comme ça, introduire tel élément à tel moment etc. Certains pensent que c'est de la connerie, que le talent peut s'apprendre comme on peut apprendre à faire des claquettes ou à peindre une figurine, je n'entrerai pas dans le débat (avec qui, d'ailleurs !) mais vous savez maintenant ce que j'en pense. Que vous possédiez au départ un grain ou un bloc de talent, vous finirez tôt ou tard par parvenir à vos fins.
Comment savoir quand on en a ? Généralement, bien avant de vouloir écrire, vous possédez une attirance naturelle pour les livres. Vous aimez lire, vous vous exprimez par écrit sans trop de mal. Quand vous êtes passé à la rédaction d'un récit proprement dit, vos lecteurs, s'ils sont honnêtes et qu'ils ont déjà ouvert plus d'un livre dans leur vie, vous le diront. Et, enfin, vous devriez avoir assez d'honnêteté envers vous-même pour vous rendre compte que ce que vous écrivez n'est pas si mal lorsque vous vous relisez.


Le courage


Ne nous illusionnons pas, pour écrire un roman, un bon roman, il faut du courage. Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de courage. Non sans rire. Quel que soit votre niveau au départ vous aurez certainement compris que pour se faire publier, c'est la guerre. Vous devez être bon. Vous ne devez pas avoir peur de retravailler, de changer, d'effacer, d'écouter les critiques (constructives) et de peaufiner votre projet autant que vous estimiez pouvoir le faire. En plus de ça, en général, un bon bouquin ça ne s'écrit pas en une semaine. C'est un long processus qui nécessite de la patience, du travail et qui dépend de nombreux paramètres dont je viens d'évoquer une partie. Ajoutez à ça les impératifs de la vie, des moments de flemme, des blocages et j'en passe. Vous accrocher à votre rêve sera une excellente source de motivation.


  Lire


On ne le répétera jamais assez, lire vous donne de la matière pour écrire, c'est votre carburant. Lisez tout ce qui vous tombe sous la main.


Écrire


Ça paraît idiot tellement c'est évident mais il est réellement nécessaire d'écrire aussi régulièrement que possible. Déjà pour avancer dans son histoire, ce qui n'est pas mal, mais aussi parce que, sinon, on risque de reporter constamment et de voir sa motivation rouiller, ce qui arrive très rapidement. C'est assez logique, personne n'est vraiment là pour vous obliger à écrire, à tenter de réaliser votre rêve, parce que tout le monde s'en fout ou s'en foutra, sur la durée. Il n'y a que vous qui puissiez vous borner à tenir le cap, personne ne le fera à votre place.


On pourrait en trouver d'autres mais c'est déjà une bonne base. Ah et, surtout, ne pas oublier que l'écriture, même si vous devenez obsédé par votre désir de percer dans le milieu, doit impérativement rester un plaisir. Bonne chance !


*La différence entre les "comptes" fera l'objet d'un prochain billet.

Posté par Tom B à 17:17 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


01 novembre 2011

Un texte terminé, un autre se poursuit

Aaaaah, ça procure toujours une petite satisfaction de terminer un texte. Attention, pas de fausse joie fans de tous bords, il ne s'agit ici "que" d'une nouvelle. Avec ma motivation qui monte et qui descend, ça faisait longtemps je dois dire. Quand en plus c'est dans le cadre d'un appel à textes, que, pour une fois, je ne m'y suis pas pris à la dernière minute et que donc le texte n'est pas bâclé faute de temps, ça fait plaisir. En plus de ça, l'une de mes collègues de plume que j'estime fort la trouve meilleure que les précédentes, ce qui est sans doute plus un compliment qu'une insulte ! Y'a plus qu'à attendre et espérer, la partie que je déteste. Espérer qu'elle soit sélectionnée, bien sûr, mais aussi que l'émeteur de l'AT ne fasse pas partie de cette longue liste d'amateurs dont j'ai eu le déplaisir de croiser la route. Du genre "on a perdu une partie des textes suite à bug informatique mais on n'en informe pas les auteurs sur notre site, on publie notre truc en choisissant parmi ceux qui restent et, quand l'un de ces "auteurs perdus" nous demande "tiens, le recueil va sortir ? Je n'ai pas eu de retour" on a le culot, non seulement de lui affirmer qu'on a jamais reçu son texte, puis finalement d'avouer qu'on a eu un bug parce que l'auteur a la preuve du contraire, mais, en plus, on lui propose de retenter le coup la fois prochaine, sans complexe." pour ne citer que le plus illustre. Heureusement, certains tiennent la route et sont fiables, merci à eux.
Et le bouquin dans tout ça ? Il reprend, lentement mais sûrement. D'ailleurs, je vais profiter du NaNoWriMo qui commence aujourd'hui pour y aller à fond !... Ah, ah, non, je déconne. Je n'ai jamais compris l'intérêt de cet événement. Primer la quantité sur la qualité, se lancer droit devant bille en tête sans trop envisager le résultat, qui a carrément plus de chances d'être calamiteux, ce n'est définitivement pas pour moi. Je pense que pour écrire un bon bouquin, il faut prendre son temps (bon, pas autant que moi hein, mais c'est un cas à part, le prochain ira plus vite), le bichonner en cours de route et justement ne pas se dire : "je ferai les corrections après". C'est sans doute faisable mais je crois surtout qu'on va se retrouver avec une intrigue mal construite dont on devra revoir le plus gros et de mauvais personnages, pour ne citer que les premiers points qui me viennent à l'esprit. C'est super d'écrire 50.000 mots en un mois, mais si tout ou presque est à jeter, à terme, c'est juste une perte de temps. Et je ne parle ici que du point de vue d'un auteur qui a déjà un peu d'expérience. Je n'imagine même pas ceux qui débutent totalement et ne se rendent pas compte que seuls ceux qui savent plus ou moins ce qu'ils font peuvent s'en tirer. Je crois même que Stephen King, pour le citer à nouveau et parce que je sais qu'il écrit assez vite, met lui-même minimum trois mois pour pondre un premier jet. De quoi faire réfléchir. Mais chacun son truc après tout, ça me fera toujours quelques concurents en moins !

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21 septembre 2011

Petit bilan

Il y a 64 ans, en ce jour du 21 septembre, naissait Stephen King, dont le nom évoque même vaguement quelque chose à quelqu'un qui n'a jamais ouvert un livre de sa vie. Bon anniversaire ! 64 ans et un bon paquet de bouquins à son actif. J'ai toujours été fan de King, même si, jusqu'à il y a peu, je n'avais lu que quelques histoires. Ce que j'admire chez lui, c'est non seulement son talent d'écrivain, le fait qu'il soit resté quelqu'un de simple malgré son succès et sa capacité à écrire si vite.
Puisqu'on en parle, je vais profiter de cette journée pour faire un petit retour sur mon propre parcours. 25 ans, une nouvelle publiée, quatre romans dans les cartons, un qui est au tout début de sa cinquième version. Qu'en penser ? Pas terrible. La raison ? Il est possible que je veuille trop bien faire mais je pense que ça tient essentiellement à deux points : 1) Le projet 2) L'envie. Le projet, d'abord. Il s'agit d'un récit dont les proportions sont plutôt importantes. Je n'ambitionne ni de révolutionner le genre, ni de me lancer dans une série de quinze tomes, mais rien que le fait qu'il s'agisse d'une histoire aux multiples points de vue, ça complique déjà plus les choses que s'il s'agissait d'un récit centré sur un unique personnage.
Ensuite, l'envie. Pour la plupart des gens, écrire un "premier" roman (en partant du principe qu'il soit bon et publiable) équivaut à nager avec un boulet accroché à la cheville. C'est faisable mais il faut lutter pour rester à la surface. Ce n'est pas étonnant qu'il existe des légions de gens qui soient dans le cas pour que, au final, peu arrivent à le boucler. Si ça demande énormément de courage et de ténacité, ce n'est pas uniquement parce que quand on n'a pas l'habitude ce n'est pas forcément évident. C'est aussi parce que personne ne vous attend, parce que vous avez encore tout à prouver. À de rares exceptions près, aucun éditeur ne viendra vous chercher. Aussi, rien de surprenant dans le fait que beaucoup jettent l'éponge et laissent le boulet les ramener au fond de la piscine. "Je laisse tomber, et alors ?" Et alors, en effet. Pas de lecteurs, pas de fans, pas d'attente. Et moi, comme tant d'autres, je suis confronté à cet état de fait. Oh bien sûr, je n'ai jamais sérieusement envisagé d'abandonner, mais, souvent, à part la force de l'habitude, le plaisir d'écrire et la croyance indestructible (qui manque chaque année d'un peu d'éclat) en mon rêve, il n'y a rien pour vraiment me motiver. Je ne me plains pas mais voilà, voilà pourquoi je mets moins de coeur à l'ouvrage que dans ma prime jeunesse. Quand je serai enfin parvenu à faire publier un bouquin, quand j'aurai enfin un pied dans la place, ça changera. Bien sûr, j'aurai d'autres problèmes, comme de faire en sorte qu'on ne m'oublie pas, mais ça sera beaucoup plus agréable à gérer.
Y'a plus qu'à, donc. On dit que je le finis avant le 31 décembre ? Top chrono !

Posté par Tom B à 17:48 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
10 août 2011

Pas de nouvelle, bonne nouvelle ?

Oui et non, chers fantômes. Si vous vous demandiez où je pouvais en être de mon bouquin, la réponse est simple, ou pas : à la fois partout et nulle part. Comme vous avez pu le lire sur mon précédent billet, j'ai eu beaucoup de mal à avancer et j'ai beaucoup douté avant de, finalement, décrocher complètement. Un peu lassé, je n'y ai plus touché. J'ai essayé de me concentrer sur un autre projet mais peine perdue, c'est le premier qui m'attirait inexorablement. Sauf que je ne trouvais plus la volonté de m'y atteler, paradoxal, non ?
Quoi qu'il en soit, j'ai donc laissé tomber l'écriture pendant quelques jours et autant dire que ce ne fut pas facile. Non parce que j'en ai besoin pour respirer ou ce genre de conneries, mais parce que je me suis tellement conditionné à avoir un document word ouvert, chaque jour, que j'avais l'impression de tourner en rond, même si je m'occupais d'autres choses.
Ce fut vraiment difficile de combattre réflexes et habitudes, de m'empêcher de penser que quand je n'écris pas, c'est du temps perdu, mais j'y suis arrivé tant bien que mal.
Aujourd'hui ? Aujourd'hui je retrouve un nouveau souffle et je m'y remets en essayant d'appliquer mes propres recommandations. Ainsi donc, je ne touche plus au texte en lui-même mais je construis davantage l'univers, le contexte, l'histoire.
En plus de cela, quelque chose a changé. Je me sens plus posé, moins "il faut écrire et avancer à tout prix". Je suis davantage ouvert à l'idée de tout reprendre à zéro plutôt que de rafistoler, si besoin. Et s'il s'avère nécessaire de trancher dans le tas, je le ferai et ne laisserai plus ma paresse l'emporter.
Je terminerai ce bouquin, ça prendra le temps qu'il faudra mais je le terminerai et j'en serai (presque, parce que bon, je suis perfectionniste aussi) satisfait. Ce n'est pas comme si les foules m'attendaient, de toute façon !

Posté par Tom B à 16:34 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
13 juin 2011

Rien n'est perdu

Ça fait plus de dix ans que j'écris avec l'ambition de voir mon travail publié. Et si depuis le temps j'ai eu l'occasion d'apprendre pas mal de trucs, ce qui me permet de me défendre sur le sujet, il y a des choses que je commence à peine à comprendre aujourd'hui. Évidemment, c'est plus facile quand y'a quelqu'un pour vous le dire. Mais l'écriture est un domaine où l'on ne peut apprendre que seul, majoritairement. Mais comme je suis sympa, je vais en parler ici. Qui sait, ça pourra peut-être servir à l'un ou l'autre égaré du net qui poursuivrait le même but et n'en serait pas encore venu à ces réflexions.
Premièrement, si vous êtes comme moi et une majorité d'autres petits écrivaillons, vous devez certainement être tout content à l'idée de commencer un nouveau roman. C'est excitant, on a des idées plein la tête qui se bousculent, on est presque ému d'écrire le titre (quand on en a un) et les premiers mots. Et je vous arrête là. Bien sûr, vous savez très bien qu'il est rare que l'on soit un auteur pleinement scriptural (qui se lance directement dans le récit sans notes préalables) ou structurel (qui, lui, a déjà élaboré entièrement le squelette de son oeuvre avant l'écriture elle-même). Généralement, on est donc un peu des deux avec un côté dominant. Cela dit, ce qui suis parlera probablement davantage aux auteurs scripturaux, car je pense que les structurels ne rencontrent pas ce problème.
Quand j'étais plus jeune, j'étais un scriptural pur. À l'heure actuelle, alors que mes récits se veulent un peu plus élaborés que quand j'avais quinze ans, je commence à écrire et, au fil du récit, poussé légèrement par mon petit côté structurel, je rédige quelques notes, quelques fiches de personnages. Parce qu'être à dominance scriptural, c'est trouver chiant et laborieux de rédiger des tas de notes et de fiches préparatoires, donc on se dit que de le faire en cours de route, par-ci par-là, ce sera bien suffisant. À la vérité, c'est très mauvais. Pourquoi ? Car en agissant ainsi, je manque d'une vision globale de l'oeuvre, mené que je suis par ma scripturalité. Ce qui fait qu'au fil de l'inspiration je change certaines idées en chemin, que je reviens souvent en arrière pour modifier un point ou l'autre et que, de manière générale, je n'ai qu'une vague notion de la conclusion vers laquelle je me dirige. Ça prend du temps, on piétine, on réfléchit, on a la flemme, on déprime parce que ça n'avance pas. Vous voyez où je veux en venir ? Oui, il devient de plus en plus évident pour moi qu'à moins d'être tout scriptural ou tout structurel (une sorte de dieu vivant, en somme), il faut agir afin de concilier ses deux tendances, afin de trouver l'équilibre parfait que leur permettra d'exister ensemble, de se compléter. Ainsi, commencer le récit et le structureliser à gauche et à droite n'est clairement pas suffisant. Je pense donc que le mieux est de préparer la venue de l'histoire avec des notes antérieures, quitte à se forcer un peu. Écrire quelques mots sur chaque chapitre, résumer le récit avec un certain degré de détail... je n'ai pas encore trouvé la méthode qui me convenait, mais il est clair qu'avoir une base solide et savoir plus que vaguement où l'on va, quitte à n'avoir qu'une vague idée du comment l'on y va (scriptural style), est essentiel si l'on veut éviter les problèmes précédemments évoqués. Il est même possible que ça évite de devoir écrire plusieurs versions. En somme, que de bonnes raisons de se tempérer quand le gêne S domine et que l'on est tout prêt à se lancer dans la création d'une nouvelle histoire.
Deuxième chose, et non des moindres, je réalise qu'il est extrêmement important d'écrire RAPIDEMENT. Stephen King résume l'affaire de manière plutôt amusante dans son bouquin : Écriture : Mémoires d'un métier. Bon, c'est assez extrême quand même, puisqu'il dit que, pour lui, un premier jet ne devrait pas prendre plus de trois mois. C'est probablement davantage valable pour un type comme lui qui a réalisé son rêve que pour le commun des mortels. À part ça, c'est très vrai, je m'en rends compte ces derniers temps. Ça fait plus d'un an que je travaille sur mon projet en cours et c'est beaucoup, beaucoup trop long. Parce qu'avec le temps vient la lassitude, la fatigue, et le feu de la motivation décroît de façon certaine jusqu'à ne plus briller que comme une bougie. Je patauge, je doute assez régulièrement de la qualité de mon travail et je me demande un jour sur deux s'il ne serait pas plus judicieux d'abandonner, s'il a vraiment un avenir. C'est pas bon. Je devrais normalement aller jusqu'au bout mais ça promet d'être fastidieux, ça l'est déjà.
Alors toi qui lis ces lignes, si tu viens de commencer ton livre, un bon conseil, écris rapidement. Aussi rapidement que possible. Évite les distractions, concentre-toi sur ton travail, lève-toi une heure plus tôt, pourquoi pas ? Rappelle-toi que tu vois l'écriture à la fois comme un plaisir et comme un métier et dis-toi que si on ne te prend pas au sérieux, c'est parce que tu n'as encore rien publié. C'est parce que toi-même, le/la premier(ère) concerné(e), malgré ta conviction, tu ne prends pas ça au sérieux. Bien sûr, il est peu probable que tu vives un jour de ta plume, mais tu augmenterais certainement tes chances si tu ne passais pas un an (minimum) à écrire ta foutue histoire ! Alors bouge-toi le cul et agis en professionnel(le).

En résumé :
1) Avant toute chose, construire une base solide.
2) Écrire avec sérieux.
3) Lire de tout.
4) À suivre...

Posté par Tom B à 16:05 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
08 mai 2011

Poe-je avoir votre attention ?

Ça c'est du jeu de mots ! Non ? Non.
Comme j'ai dû le dire ici ou là, je me diversifie peu dans le genre de mes lectures et ce n'est pas bien. C'est pourquoi j'ai timidement commencé à y remédier ! Timidement parce que je ne sais pas vraiment quoi acheter dans les autres genres, à vrai dire. Donc, pour l'instant, je joue la sécurité en achetant ce qu'on peut considérer comme des classiques.
Aujourd'hui, donc, je vais vous faire part de mon retour sur un classique de la littérature fantastique : Nouvelles histoires extraordinaires d'Edgar Poe. Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui ne se terminent pas toujours par la mort (contrairement à ce qu'affirme la quatrième de couverture, la menteuse !).
Alors, déjà, la préface, rédigée par un certain Michel Zéraffa (inconnu de moi, est-il besoin de le préciser ?) : "L'homme ne coïncide pas avec lui-même..." oui " l'écriture de Poe triomphe du néant par un système de composition..." certes "Ces préambules constituent le récit lui-même, l'art du récit, et sa technique, qui est celle d'un dévoilement "retenu" de la vérité..." d'acc. Elle tient sur quatre ou cinq pages et je n'ai rigoureusement rien compris, du premier au dernier mot. Plutôt violent mais je décide de m'accrocher et je commence la première nouvelle : "Le démon de la perversité". Les premières pages, loin de me détromper sur mes facultés de compréhension, me poussent à m'interroger : "Suis-je débile ?" "Ça va être toujours comme ça ?" "Est-ce que j'ai pas fait une connerie en dépensant mon argent pour ça ?". Heureusement, heureusement ! Les dernières se montrent un peu plus compréhensibles. Alors, courageusement, j'attaque la nouvelle suivante et, là, je suis pleinement rassuré. Non, ce n'est pas toujours aussi abscon. On peut d'ailleurs s'interroger sur le bon sens de celui qui a agencé les textes. Pour pousser le néophyte à refermer le bouquin à jamais, y'a pas mieux comme enchaînement. Mais bref ! La suite reste dans un style relevé mais tout à fait accessible. Les histoires ont un côté désuet (ben oui, 19ème siècle quoi) et, du coup, ne m'ont pas procuré le moindre frisson, mais qu'est-ce que c'est bien écrit ! On ne s'embarasse généralement pas de descriptions trop marquées, on va droit au but, c'est toujours élégant, souvent subtil, parfois amusant ! En quelques phrases, Poe arrive à faire apparaître le décor en l'instillant plutôt qu'en le plantant, ce qui donne des ambiances pleinement ancrées dans le réel sur lesquelles une ombre ne tarde jamais à venir se déposer, comme un foulard qui, lâché à une certaine hauteur, tomberait lentement sur le sol. Un pionnier du fantastique, quoi ! Bon, mais y'a pas que ça. On regrettera par exemple que certaines phrases en latin n'aient aucune traduction en bas de page pour les philistins dans mon genre, preuve qu'à l'époque, la littérature n'était pas accessible à tous, que le final de certaines nouvelles nous passe complètement au-dessus de la tête (la mienne, en tout cas) et qu'on puisse légitimement se demander s'il n'était pas sous opium lorsqu'il a écrit l'une ou l'autre.
Ce qu'il y a de sûr, c'est que je ne lirai pas ce genre de trucs quotidiennement. Même si ça coule comme de l'eau, la densité du texte nécessite une certaine concentration. C'est plaisant à lire, intéressant et enrichissant, mais ce n'est pas du pur divertissement qu'on peut se permettre de parcourir avec le cerveau débranché. Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien de ma première incursion volontaire (les autres fois, c'était pour l'école) dans un autre genre littéraire que celui que je connais le mieux (même si les écrivains du fantastique sont de nobles cousins, j'en conviens) et je suis tout à fait disposé à retenter l'expérience une prochaine fois !

Nouvelles_histoires_extraordinaires

Titre : Nouvelles histoires extraordinaires
Auteur : Edgar Poe
Sortie : Déjà dispo !
Éditeur : Le Livre de Poche
Pages : 265
Prix : 4 euros

Posté par Tom B à 12:28 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]